Réduisez vos charges de copropriété grâce au gaz

Façade immeuble résidentiel français avec compteurs gaz collectifs en pied de bâtiment

Chaque année, la même scène se répète : les copropriétaires ouvrent leur appel de charges, grimacent, et vous demandent ce que vous comptez faire. La facture de gaz explose, et c’est vous qui devez justifier. Ce que je constate dans mon accompagnement de syndics, c’est que la plupart subissent ces hausses sans savoir qu’ils ont des leviers concrets. Comparer les offres, choisir le bon type de contrat, négocier au bon moment : ces actions permettent souvent d’économiser plusieurs milliers d’euros par an.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Les montants et conditions mentionnés peuvent varier selon les fournisseurs et évoluer. Consultez un courtier en énergie ou votre conseil syndical pour toute décision contractuelle engageante.

L’essentiel pour réduire vos charges gaz en 4 points

  • Le gaz représente environ 50% des charges dans les copropriétés avec chauffage collectif
  • Comparer sur la même CAR (Consommation Annuelle de Référence) évite les erreurs de 15 à 25%
  • Prix fixe pour la sécurité budgétaire, indexé si vous misez sur une baisse du marché
  • Prévoyez 60 jours minimum entre la collecte des devis et la mise en service effective

Pourquoi votre facture gaz pèse autant sur les charges

50%

des charges de copropriété en chauffage collectif

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les estimations de Matera, le gaz représente près de la moitié des charges pour les immeubles équipés d’un chauffage collectif. Pour une copropriété de 50 lots, comptez autour de 750 MWh de consommation annuelle, soit environ 33 000 € par an. Un immeuble de 100 lots grimpe à 1 500 MWh et 65 000 € annuels.

Mais ce n’est pas tout. La TICGN (taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel) a doublé en deux ans : 8,37 €/MWh en 2023, puis 16,37 €/MWh en 2024, et 17,16 €/MWh depuis janvier 2025 selon les données Selectra. Cette hausse fiscale représente à elle seule plusieurs milliers d’euros supplémentaires pour une copropriété moyenne.

Dans mon accompagnement de syndics en Île-de-France, je rencontre souvent la même situation : le contrat date de plusieurs années, personne n’a regardé les alternatives depuis la fin des tarifs réglementés, et l’immeuble paie le prix fort. Depuis le 30 juin 2023, comme l’indique la Commission de Régulation de l’Énergie, tous les contrats aux tarifs réglementés ont pris fin. Chaque copropriété doit désormais choisir une offre de marché, et les écarts de prix entre fournisseurs sont significatifs.

Mon avis : avant même de chercher un nouveau fournisseur, vérifiez trois choses sur votre contrat actuel. Le type de tarification (fixe ou indexé), la date d’échéance, et surtout les conditions de résiliation. Ces informations conditionnent toute la suite.

Contrat fixe, indexé ou vert : lequel choisir pour votre copropriété

Je ne vais pas vous mentir : ce choix dépend entièrement de votre tolérance au risque et de l’horizon de votre contrat. J’ai vu des syndics économiser 15% en passant à l’indexé au bon moment. J’en ai vu d’autres perdre gros avec la crise de 2022. Pour vous aider à trancher, utilisez un comparateur gaz copropriété qui affiche les offres sur une base comparable.

Le contrat à prix fixe : sécurité budgétaire

Le contrat à prix fixe bloque le tarif du kWh pendant toute la durée de l’engagement, généralement 1 à 3 ans. Vous savez exactement ce que vous allez payer, indépendamment des fluctuations du marché. Pour un syndic qui doit présenter un budget prévisionnel réaliste en assemblée générale, cette prévisibilité est précieuse.

Le revers : si les prix du marché baissent, vous ne bénéficiez pas de cette baisse. Vous restez bloqué sur votre tarif jusqu’à l’échéance. C’est le prix de la tranquillité.

Le contrat indexé : pari sur la baisse

Avec un contrat indexé, le prix varie chaque mois selon un indice de référence (souvent le PEG ou le TTF). Quand le marché descend, votre facture suit. Quand il remonte, elle grimpe aussi.

J’ai accompagné M. Garnier, syndic bénévole d’une copropriété de 35 lots à Nantes, qui avait signé un indexé en 2021. Quand les prix ont explosé en 2022, sa facture a suivi. Il a eu du mal à convaincre l’AG de passer en prix fixe l’année suivante. Finalement, en présentant un comparatif chiffré, le vote a été favorable et la copropriété a économisé 8 200 € sur l’année. Ce constat est limité à ce dossier, mais il illustre bien les risques de l’indexé en période de volatilité.

Les offres vertes : biogaz et compensation carbone

Les offres vertes incluent une part de biogaz ou compensent les émissions carbone. Elles coûtent généralement 5 à 15% plus cher que les offres classiques. Pour une copropriété engagée dans une démarche RSE, c’est un argument qui peut peser en AG. Mais soyons clairs : la vraie réduction des charges passe d’abord par l’optimisation du contrat et de la consommation.

Quel type de contrat gaz pour votre copropriété ?

  • Budget prévisible prioritaire :

    Optez pour un prix fixe sur 2-3 ans. Vous sécurisez vos charges et simplifiez vos prévisions budgétaires.
  • Tolérance au risque + horizon court :

    Le prix indexé peut être intéressant si vous anticipez une baisse du marché et acceptez les fluctuations.
  • Objectif RSE pour la copropriété :

    Étudiez les offres vertes avec certificats d’origine biométhane. Comptez un surcoût de 5 à 15%.
  • Indécis ou situation complexe :

    Faites appel à un courtier pour une analyse personnalisée de votre profil de consommation.

Ce récapitulatif synthétise les trois options principales avec leurs caractéristiques. Chaque colonne vous permet de comparer rapidement selon vos priorités.

Fixe vs indexé vs vert : comparatif rapide
Type contrat Sécurité budget Potentiel économies Engagement Pour qui
Prix fixe Maximale Limité 1 à 3 ans Syndics prudents, budget serré
Prix indexé Faible Élevé si baisse marché 1 à 2 ans Tolérance au risque
Offre verte Variable Faible (surcoût 5-15%) 1 à 3 ans Copropriétés engagées RSE
Syndic professionnel consultant des données énergétiques sur tablette pour comparer les offres gaz
L’analyse des offres nécessite de comparer sur les mêmes bases de consommation

Les 8 critères pour comparer les offres sans vous tromper

Franchement, l’erreur que je vois le plus souvent dans mon accompagnement de syndics, c’est la comparaison sur des bases différentes. Les devis arrivent avec des Consommations Annuelles de Référence (CAR) qui ne correspondent pas à la réalité de l’immeuble. Sur les dossiers que j’ai traités en Île-de-France, cela fausse le comparatif de 15 à 25%. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon la taille de votre copropriété.

Pour réaliser des économies sur votre facture de gaz, appliquez cette grille de vérification sur chaque devis reçu.

Votre grille de vérification avant de signer

  • Vérifier que la CAR est identique sur tous les devis (demandez vos factures des 12 derniers mois)

  • Comparer le prix du kWh HT hors acheminement pour isoler le coût de la molécule

  • Vérifier le type de tarification : fixe, indexé sur PEG/TTF, ou mixte

  • Contrôler la durée d’engagement et les conditions de résiliation anticipée

  • Identifier les frais cachés : abonnement, frais de gestion, pénalités

  • Évaluer le service client : interlocuteur dédié, délais de réponse, portail en ligne

  • Demander les modalités de facturation : mensuelle, trimestrielle, avec ou sans régularisation

  • Vérifier les garanties en cas de litige : médiation, conditions de recours

Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle couvre les 80% de points qui font vraiment la différence. Les dossiers que j’ai accompagnés montrent que les critères 1 et 2 sont les plus souvent négligés, et ce sont ceux qui coûtent le plus cher.

Comment faire valider le changement en assemblée générale

Réunion de copropriétaires autour d'une table discutant des charges de gaz
Le changement de fournisseur gaz nécessite un vote en assemblée générale

Le piège classique que je rencontre : le syndic compare les offres, trouve une économie de 20%, mais la prochaine AG n’est que dans 6 mois. Le contrat expire entre-temps, et l’immeuble se retrouve en reconduction tacite à des conditions défavorables. Anticiper les délais d’assemblée générale est essentiel pour mener à bien le changement.

Attention : Le changement de fournisseur gaz pour une copropriété nécessite généralement un vote à la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965. Mais certains contrats longue durée ou engageant des travaux peuvent relever de l’article 25. Vérifiez avec votre conseil syndical avant d’inscrire la résolution à l’ordre du jour.

Voici la chronologie type que j’observe sur les dossiers traités. Ces délais peuvent varier selon la réactivité des fournisseurs et le calendrier de votre copropriété.


  • Collecte des factures des 12 derniers mois et de la CAR

  • Envoi des demandes de devis à 3-5 fournisseurs le même jour

  • Réception des offres et analyse comparative sur grille de critères

  • Préparation du dossier et inscription à l’ordre du jour de l’AG

  • Signature du nouveau contrat après vote favorable

  • Mise en service effective chez le nouveau fournisseur

Mon conseil : prévoyez au minimum 60 jours entre le lancement des demandes de devis et la mise en service souhaitée. Si votre AG est éloignée, vous pouvez demander au conseil syndical de valider une mise en concurrence préalable, quitte à signer sous condition de ratification. Ce n’est pas le plus simple, mais ça évite de rater une échéance contractuelle importante.

Pour les copropriétés qui souhaitent un accompagnement dans cette démarche, les services de courtage en énergie prennent en charge l’analyse des offres et la négociation avec les fournisseurs.

Vos questions sur la réduction des charges gaz

Le changement de fournisseur entraîne-t-il une coupure de gaz ?

Non, le changement est transparent. Le réseau de distribution (GRDF) reste le même, seul le fournisseur de la molécule de gaz change. Aucune intervention technique n’est nécessaire, et il n’y a pas d’interruption de service.

Quelle majorité faut-il en AG pour changer de fournisseur ?

Le changement de fournisseur de gaz relève généralement de la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965. Cependant, si le contrat engage la copropriété sur une durée longue ou inclut des travaux, la majorité absolue de l’article 25 peut s’appliquer. Vérifiez avec votre conseil syndical.

Peut-on résilier un contrat gaz avant son terme ?

Cela dépend des conditions générales de votre contrat. Certains fournisseurs appliquent des pénalités de résiliation anticipée, d’autres non. Lisez attentivement la clause de résiliation avant de signer. Dans les dossiers que j’accompagne, je recommande toujours de négocier cette clause dès le départ.

Comment vérifier si une offre est vraiment moins chère ?

Comparez toujours sur la même base de consommation (CAR) et en coût total annuel TTC. Méfiez-vous des offres qui affichent un prix kWh bas mais cachent des frais d’abonnement élevés. Demandez une simulation sur 12 mois avec votre consommation réelle.

Combien de temps prend le changement effectif ?

Une fois le contrat signé, comptez environ 15 à 30 jours pour la mise en service effective chez le nouveau fournisseur. Ce délai inclut les formalités administratives et la coordination avec GRDF. Aucune intervention sur site n’est nécessaire.

Précautions avant de changer de fournisseur gaz

  • Les tarifs et conditions indiqués sont des moyennes constatées et varient selon le profil de consommation et la localisation
  • Les prix du gaz fluctuent quotidiennement, vérifiez les cotations actuelles avant toute décision
  • Chaque copropriété a des besoins spécifiques nécessitant une analyse personnalisée

Risques à connaître :

  • Risque de surcoût si contrat indexé en période de hausse des prix
  • Risque de pénalités si résiliation anticipée sans motif valable
  • Risque de contestation copropriétaires si changement non validé en AG

Pour une analyse personnalisée, consultez un courtier en énergie professionnel ou le Médiateur national de l’énergie.

Isabelle Dubois, spécialiste en optimisation énergétique des copropriétés depuis 2017. Elle accompagne syndics professionnels et bénévoles dans la réduction de leurs charges gaz, avec plus de 150 copropriétés conseillées. Son expertise porte sur la comparaison des offres de marché, la négociation contractuelle et les stratégies d'économies durables. Elle intervient régulièrement en formation auprès de groupements de syndics.

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